Le gouvernement ivoirien valide une attribution de quota inédite en faveur de l'Organisation Interprofessionnelle Agricole Café-Cacao. Une décision stratégique qui marque le dénouement définitif d'un stock résiduel devenu épineux.
C'est au cabinet du ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières qu'a retenti, jeudi dernier, une annonce très attendue par les acteurs de la filière. Bruno Nabagné Koné a officialisé l'attribution d'un quota complémentaire de 23 830 tonnes à l'Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) Café-Cacao — un geste fort qui clôt symboliquement l'une des crises de commercialisation les plus sensibles qu'ait traversées le secteur depuis plusieurs campagnes.
À ses côtés, le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves, a détaillé les modalités opérationnelles de cette opération de déstockage. L'objectif est sans ambiguïté : éliminer définitivement le stock résiduel accumulé lors des perturbations antérieures du marché mondial, tout en préservant les équilibres économiques des producteurs.
Représentant le président de l'OIA Café-Cacao, Siaka Diakité, le troisième vice-président, Obed Doua, a confirmé que la notification officielle est intervenue le 8 avril 2026. « Le Conseil du Café-Cacao nous a transmis ce quota additionnel. C'est l'aboutissement d'un processus rigoureux de concertation entre l'interprofession et les autorités de tutelle », a-t-il souligné.
Cette décision intervient dans un contexte de forte pression sur les prix mondiaux du cacao, où Abidjan cherche à consolider sa position de premier producteur mondial tout en rééquilibrant les flux logistiques intérieurs. En attribuant ces tonnages à l'OIA, l'État entend également renforcer le rôle des opérateurs locaux dans la chaîne de valeur, un enjeu crucial pour la souveraineté de la filière.
Au-delà du chiffre, c'est un signal fort envoyé aux marchés : la Côte d'Ivoire maîtrise ses fondamentaux, et dispose des mécanismes institutionnels nécessaires pour absorber les chocs de commercialisation sans désorganiser l'amont productif. La prochaine étape sera désormais le suivi de l'enlèvement effectif de ces volumes, dont le calendrier sera précisé dans les jours à venir.