La Côte d'Ivoire franchit une étape majeure vers la protection sociale des agriculteurs, en dévoilant lors de la conférence régionale de la FAO un programme d'assurance-retraite inédit pour les producteurs.
En marge de la 34e Conférence régionale de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), tenue à Nouakchott en Mauritanie, le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Koné, a conduit une délégation ivoirienne de haut niveau. Accompagné du ministre de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Me Adama Kamara, il a été reçu en audience par le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu.
Cette rencontre diplomatique a permis d'approfondir les discussions sur le renforcement de la coopération entre la Côte d'Ivoire et la FAO, en particulier dans deux domaines stratégiques : la transformation agricole durable et la protection sociale des producteurs ruraux.
Un Programme d'Investissement de Protection Sociale innovant
C'est dans ce cadre que le ministre Adama Kamara a présenté les grandes lignes du Programme d'Investissement de Protection Sociale (PIPS), une initiative pionnière dans la sous-région. Ce programme prévoit d'étendre la couverture sociale aux travailleurs agricoles — longtemps exclus des systèmes formels de retraite — en leur garantissant un revenu de remplacement à l'issue de leur vie active.
La mise en place d'une assurance-retraite spécifique aux producteurs répond à un besoin social pressant. En Côte d'Ivoire, les agriculteurs vieillissants ne bénéficient d'aucun filet de sécurité formel une fois leur activité réduite, ce qui les expose à une précarité structurelle. Le PIPS entend y remédier en mobilisant des mécanismes de cotisation adaptés aux revenus irréguliers des exploitants.
“ Ce programme vise à doter les producteurs ivoiriens d'une assurance retraite, afin de leur garantir un revenu de remplacement à la fin de leur activité. ”
— Me Adama Kamara, Ministre de l'Emploi et de la Protection sociale
La FAO, qui accompagne la Côte d'Ivoire dans plusieurs programmes de développement agricole, a exprimé son intérêt pour cette initiative et ses possibilités de réplication à l'échelle régionale.