Un atelier historique à Yamoussoukro pose les bases d’un système national de traçabilité et d’approvisionnement en semences certifiées
Nourrir une nation, cela commence par une semence. C’est cette conviction profonde qui anime le Centre national de recherche agricole (CNRA), institution pivot de la souveraineté alimentaire ivoirienne, qui prend aujourd’hui la tête d’une initiative ambitieuse pour sécuriser et pérenniser l’approvisionnement en semences de qualité à travers tout le pays.
Dans le cadre du Programme national de développement (PND 2021-2025) et du Programme de production alimentaire d’urgence (2PaU-CI), l’État ivoirien a assigné au CNRA une mission de grande envergure : produire et distribuer 32 millions de boutures de manioc amélioré, 45 tonnes de semences certifiées de riz et 1 250 tonnes de semences de maïs. Des chiffres vertigineux qui témoignent de la détermination du gouvernement à transformer structurellement l’agriculture vivrière nationale.
C’est à Yamoussoukro, du 19 au 22 mai 2026, que se réunissent les acteurs clés des filières semencières pour un atelier décisif. L’objectif : doter la Côte d’Ivoire de deux mécanismes novateurs — un système de traçabilité rigoureux et un dispositif d’approvisionnement permanent en semences certifiées de riz, de maïs et de manioc.
Au-delà de la simple production, il s’agit de bâtir toute une architecture logistique et qualitative qui garantisse que chaque agriculteur ivoirien, où qu’il soit, ait accès à des semences performantes, traçables et adaptées aux réalités locales. Cette approche systémique marque un tournant dans la politique semencière du pays, longtemps fragilisée par des chaînes d’approvisionnement informelles et peu fiables.
En alignant ses efforts sur les exigences du PND et du 2PaU-CI, le CNRA affiche une ambition claire : faire de la Côte d’Ivoire un modèle d’autosuffisance alimentaire en Afrique de l’Ouest, en maîtrisant l’ensemble de la chaîne de valeur semencière, de la recherche variétale jusqu’au champ du producteur.
“La sécurité alimentaire commence par une semence certifiée. Sans qualité à la source, aucune chaîne de valeur agricole ne peut tenir.”