Face à un recul forestier vertigineux, le ministre Jacques Assahoré Konan sonne l'alarme depuis Fresco et donne le coup d'envoi d'une campagne de reboisement compensatoire inédite. L'agroforesterie s'impose désormais comme le levier stratégique pour réconcilier agriculture et nature.
16M ha
Superficie forestière initiale 3M ha
Superficie forestière actuelle -81%
Régression du couvert forestier
La Côte d'Ivoire fait face à l'une des déforestations les plus rapides du continent africain. En quelques décennies, le pays a perdu plus des trois quarts de ses forêts : de 16 millions d'hectares, le couvert forestier est tombé à seulement 3 millions aujourd'hui, soit une régression de 81 %. Un constat alarmant qui a conduit le gouvernement à accélérer sa politique de restauration environnementale.
C'est dans ce contexte que le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a officiellement lancé la campagne de reboisement compensatoire depuis Fresco, une ville stratégiquement située à l'interface des écosystèmes forestiers et littoraux. Lors de cette visite inaugurale, le membre du gouvernement s'est imprégné de la mise en œuvre des conventions de concession des agroforêts d'Okromodou et de Monogaga, et a longuement échangé avec les communautés riveraines ainsi qu'avec les opérateurs de la filière forêt-bois de la région de San Pedro.
“ Le choix de Fresco n'est pas fortuit. Cette terre rappelle à chacun de nous le lien vital qui existe entre la forêt, l'eau, le climat, la biodiversité et le développement humain. Ici, plus qu'ailleurs, les effets de la dégradation se perçoivent avec acuité. ”
— Jacques Assahoré Konan, Ministre des Eaux et Forêts
Le reboisement compensatoire repose sur un principe simple mais exigeant : tout opérateur privé exploitant des ressources forestières est tenu de replanter des arbres en proportion des coupes effectuées. Cette approche vise à garantir la régénération progressive du patrimoine forestier national sans sacrifier les activités économiques.
L'agroforesterie — qui consiste à intégrer des arbres au sein des exploitations agricoles — constitue le pilier central de cette stratégie. Elle permet aux agriculteurs d'associer des essences forestières adaptées à leurs cultures, améliorant ainsi la fertilité des sols, la résilience des plantations face aux aléas climatiques, et la biodiversité locale. Loin d'être un frein à la production, ce modèle augmente durablement les rendements sur des superficies maîtrisées tout en préservant les forêts restantes.
Au-delà de l'impact écologique, cette politique ouvre la voie à une économie verte créatrice d'emplois. Des débouchés émergent notamment dans la production de plants forestiers, avec des pépinières géantes — comme celle visitée au carrefour Monogaga — qui représentent une nouvelle dynamique économique pour les jeunes et les communautés rurales. L'État mise ainsi sur une mobilisation collective : impliquer les populations locales dans le reboisement pour construire un développement plus respectueux de l'environnement.