Face aux nouvelles exigences environnementales de l’Europe, la Côte d’Ivoire se mobilise. En marge du Salon International de l’Agriculture, Abidjan a présenté l’état d’avancement de sa mise en conformité avec le Règlement de l’Union Européenne contre la Déforestation (RDUE), un texte qui pourrait redessiner les flux agricoles mondiaux.
Pour un pays dont les exportations agricoles reposent fortement sur le marché européen, l’enjeu est stratégique. Cacao, café, coton, anacarde et karité sont directement concernés par cette réglementation qui impose trois obligations majeures : zéro déforestation, traçabilité complète et respect des critères de légalité.
Depuis 2023, un dialogue technique intense a été engagé avec Bruxelles. L’objectif est double : éviter toute rupture d’accès au marché et transformer les pratiques agricoles. Selon les autorités ivoiriennes, cette transition représente certes un défi, mais aussi une opportunité d’accélérer la modernisation du secteur.
Le déploiement de systèmes de traçabilité, la cartographie des plantations, la sécurisation foncière et la restauration des paysages forestiers constituent les axes prioritaires. Cette démarche vise également à restaurer la crédibilité environnementale de la Côte d’Ivoire, souvent critiquée pour son taux élevé de déforestation.
Au-delà de la conformité, Abidjan entend se positionner comme un leader africain de l’agriculture durable. Dans un contexte de pression croissante des consommateurs et des investisseurs, la transition verte devient un levier de compétitivité et d’attractivité.