À l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, la commune populaire d'Abobo devient le symbole d'une révolution silencieuse : celle du dépistage précoce au cœur des communautés. Téléconsultation, caravanes régionales, journée de dépistage gratuit — la Côte d'Ivoire change de braquet.
4e édition campagne nationale Avril, mois de l'autisme | 400–500 personnes prises en charge nationalement | 4 villes mobilisées par la caravane
Ce n'est pas un hasard si c'est Abobo — commune populaire du nord d'Abidjan, densément peuplée et longtemps sous-dotée en infrastructures sanitaires — qui a été choisie pour accueillir les célébrations nationales de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, ce jeudi 2 avril 2026. Ce choix est une déclaration d'intention : l'autisme n'est pas une maladie de riches, et la réponse sanitaire ne doit pas l'être non plus.
C'est le Pr Médard Koua, directeur-coordonnateur du Programme national de santé mentale (PNSM), qui a annoncé l'événement. Son message est clair : aller là où sont les familles, pas les attendre dans les centres spécialisés.
"L'objectif est d'aller à la rencontre des communautés, des leaders locaux et des familles afin de favoriser une meilleure compréhension de l'autisme, considéré comme un trouble du développement précoce chez l'enfant."
— Pr Médard Koua, directeur-coordonnateur du PNSM
Le programme du 2 avril débutera officiellement à la formation sanitaire urbaine d'Abobo, en présence des autorités locales et sanitaires. Une session de dépistage entièrement gratuite sera animée par des spécialistes qui orienteront et conseilleront les familles sur les premières démarches à entreprendre.
Dans une logique de couverture nationale, une caravane de sensibilisation sillonnera plusieurs pôles régionaux d'excellence en santé : Yamoussoukro, Bouaké et San Pedro. L'innovation la plus structurante de cette édition 2026 est le développement d'une plateforme digitale de téléconsultation, de télédiagnostic et de télédépistage — conçue pour abolir les distances entre les familles isolées et les spécialistes concentrés dans les grandes métropoles.
En misant sur la proximité communautaire et l'innovation technologique, la Côte d'Ivoire envoie un signal fort : l'autisme mérite une réponse nationale, moderne et humaine.