À quelques semaines de son ouverture, le Centre National de Radiothérapie et d'Oncologie Médicale de Grand-Bassam s'impose comme la réponse la plus ambitieuse jamais apportée au défi du cancer en Côte d'Ivoire — et peut-être sur tout le continent.
Pour des milliers de patients ivoiriens, le mot « cancer » rimait jusqu'ici avec délais interminables, soins incomplets, et trop souvent, voyages épuisants à l'étranger pour accéder à des traitements spécialisés. Cela est sur le point de changer radicalement. À Grand-Bassam, un chantier titanesque touche à sa fin : le Centre National de Radiothérapie et d'Oncologie Médicale (CNROM) s'apprête à ouvrir ses portes, promettant de révolutionner la prise en charge oncologique en Côte d'Ivoire — et de servir de référence pour toute l'Afrique subsaharienne.
Bâti sur plusieurs hectares, le CNROM est conçu comme un pôle médical intégré et complet. Il regroupera sous un même toit la chirurgie oncologique, la chimiothérapie, la radiothérapie de dernière génération, et les thérapies ciblées les plus avancées. Les équipements, dont la sophistication n'a d'égale que leur rareté sur le continent, seront opérés par des spécialistes de renommée internationale, garantissant un niveau de soins comparable aux meilleurs établissements européens ou nord-américains.
Le ministre de la Santé, Pierre Dimba, s'est rendu en personne sur le site en finition pour apprécier l'avancement des travaux. « Cette visite est un cadre d'échanges avec les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet », a-t-il déclaré, soulignant que l'inauguration constituerait « une occasion d'apprécier le niveau d'avancement des travaux du CNROM ». Une visite qui traduit l'importance stratégique que le gouvernement accorde à ce chantier.
L'enjeu est colossal. En Afrique subsaharienne, le cancer tue en grande partie parce qu'il est diagnostiqué trop tard et traité trop peu. Le manque d'infrastructures spécialisées contraint les patients à des délais de prise en charge qui réduisent drastiquement leurs chances de survie. Avec le CNROM, la Côte d'Ivoire entend briser ce cycle mortifère : la réduction des délais de traitement est le principal objectif affiché du projet, avec des processus de triage et d'orientation conçus pour minimiser le temps entre diagnostic et premier acte thérapeutique.
Au-delà de la dimension nationale, ce centre positionne la Côte d'Ivoire comme un hub médical régional de premier plan. Des patients venus des pays voisins — Burkina Faso, Mali, Guinée, Niger — pourraient à terme y trouver une prise en charge qu'ils n'ont pas sur place. C'est un investissement dans la santé, mais aussi dans le rayonnement continental d'Abidjan. Le CNROM n'est pas seulement un hôpital : c'est l'affirmation que l'Afrique peut soigner ses malades en Afrique.